Réduites à une seule « Zébrure » cette année, les « Francophonies » seront pourtant bien à la fête en Limousin ! Du 23 septembre au 3 octobre, une trentaine de rendez-vous, lectures et spectacles sont programmés dans les trois départements du Limousin.
Les Zébrures, le festival des écritures et des créations théâtrales ne fera qu’un cette année. Cette fusion des Zébrures de printemps et d’automne ne sera pas au détriment de la programmation, qui reste aussi généreuse qu’en 2025 : trente-une propositions sont à l’affiche dont neuf lectures avec des auteurs et des artistes venant des Amériques, d’Europe, d’Asie et d’Afrique.
42 ans de Francophonies en Limousin
Créé en 1984, à l’initiative de Monique Blin et Pierre Débauche, le « Festival des Francophonies en Limousin » s’est orienté à partir des années 2000 vers le soutien à la création avec la mise en place d’ateliers et de résidences pour aider de jeunes auteurs et autrices dans le long chemin qui mène de la page blanche à la scène. Devenu « Les Francophonies – Des écritures à la scène » à partir de 2019, le festival se divisait en deux temps forts annuels : les « Zébrures », organisées à Limoges au printemps et à l’automne. Plus courte, l’édition printanière était l’occasion de découvrir les nouveaux textes produits dans le cadre des résidences d’écritures. L’édition automnale permettait notamment de découvrir les textes mis en scène par les auteurs et autrices accompagnés. L’unique édition des « Zébrures » 2026 rassemble donc ces deux temps forts en un seul événement.
Cette édition s’articule autour de deux axes, des lectures de textes inédits, des écritures francophones percutantes et sans filtre pour écouter des voix venues d’ailleurs ainsi que des créations inédites et fortes proposées par plusieurs compagnies. Ces femmes et ces hommes qui partiront à la rencontre du public à Limoges que ce soit au Grand Théâtre, à l’Espace Jules Noriac, à Jean-Gagnant, à la Visitation, au Théâtre de l’Union, à la BFM, à Jean-Moulin, sur la Place de la République et bien sûr à la Maison des Francos mais aussi à Saint-Just-le-Martel, Eymoutiers, Saint-Yrieix-la-Perche, Bellac, à Uzerche et à Aubusson.
Nous avons rencontré Quentin Carrissimo-Bertola, secrétaire général des Francophonies, pour parler de l’évolution du festival et surtout pour parler de ce que nous réservent ces Zébrures 2026 !

Un festival au lieu de deux, pourquoi ce choix ?
On a fusionné les deux festivals, ce n’est pas une annulation ni une suppression, juste un changement de calendrier, conséquence des difficultés que l’on rencontre avec les collectivités qui nous subventionnent. Les versements sont de plus en plus tardifs, nous n’avons pas les fonds pour organiser un festival en mars. Tout rassembler à l‘automne est un moyen d’unir nos forces et nos moyens pour faire une très belle fête. Les subventions sont en léger recul, les différentes collectivités sont contraintes d’opérer des baisses alors que nos coûts sont croissants. Les artistes que nous accueillons viennent de différents continents et les coûts d’accueil augmentent de façon très importante.
Combien d’auteurs et de compagnies seront invités ?
Entre lectures et spectacles, nous aurons 31 propositions dont 9 auteurs et autrices. On espère dépasser 10 000 spectateurs, ce serait un beau signal. On a envie de maintenir la fête, d’être debout, vivants et vibrants pour être ensemble en résistance et en observation de ce qui se passe dans le monde car aucun continent n’est épargné. On doit se dire les choses graves du monde. Les artistes et le théâtre permettent de dialoguer dans toute la gravité et la réalité pour continuer à se raconter le monde.
Quel est votre concept de fabrique de créations ?
Les Francophonies, des écritures à la scène, c‘est le projet depuis l’arrivée du directeur Hassane Kassi Kouyaté. Deux lectures de cette année seront des créations, l’année prochaine, à savoir « Et nous » de Pamela Ghislain et « Strange fish » de Astrid Bayiha. Le mouvement est vraiment là, on essaye de raconter cette fabrique des spectacles. On propose une nouveauté avec la journée professionnelle « Les saisons francophones », le 1er octobre, avec des artistes non programmés cette année qui présenteront leur projet de création en 2027 ou 2028. On invite des programmateurs de la région, de France et d’Europe à les entendre pour repérer des textes qu’on mettra peut-être en création.

Quels sont les temps forts cette année ?
La soirée « Un infime bruit du monde » aura lieu à la fin du programme des écritures avec les neuf auteurs et autrices présents. Ils seront accompagnés par notre directeur pour écrire sur cette thématique. Côté scène, l’inauguration sera un grand moment, le 23 septembre, avec une compagnie du Liban associée à une compagnie française pour « La terre s’en va sous nos pieds », en accès libre Place de la République, qui mêlera marionnettes, cirque et funambule avec 40 amateurs du territoire qui les accompagneront, puis sera suivie d’un bal.
Plusieurs premières françaises sont prévues, pouvez-vous les dévoiler ?
C’est l’ADN du festival, ce sera le cas avec « Killt » venu de la Réunion avec une première représentation dans l’hexagone en créole et en français mais aussi « Garçon chasseur », un spectacle familial imaginé par un auteur québécois, sur un garçon qui quitte la forêt où il a grandi pour chercher la sorcière dont il est amoureux. Arrivé à la ville, il est absorbé par le système et oublie sa quête.
Une autre création « Chacun pour un deux pour tous » raconte la rencontre entre Jean Moulin et un tirailleur sénégalais. On aura 35 artistes sur scène avec une première européenne « Mansa Moussa roi d’or » proposée par Les Ballets Africains qui arrivent de Guinée et nous parlera du roi du Mali, qui fut l’homme le plus riche de l’humanité. Cela va être spectaculaire et c’est très grand public.
Pourquoi proposez-vous des prix libres ?
Pour la 3ème année, on propose des prix libres de 5 € à 25 €, comme on est un festival de créations et de premières, personne n’a vu la plupart des spectacles. Chacun choisit son tarif comme il veut. Cette expérimentation est gagnante car des personnes sont venues voir plus de spectacles. Si on a un budget de 60 €, on peut voir 12 spectacles. Certains sont venus découvrir le festival en payant 5 €.

Le prix libre a-t-il amené un nouveau public ?
On a vu des spectateurs prendre des places à 5 € ou 10€ pour inviter des amis ou leurs voisins. Une maman a pu venir au théâtre pour la première fois avec ses 3 enfants. Cela nous touche car on réussit à faire reculer le frein financier. Notre festival s’adresse à tous avec des propositions pour tous, des contes, des concerts et des expositions proposés gratuitement. Je sais que les Zébrures, ça peut parfois faire un peu peur, en fait non car il y a plusieurs portes d’entrée et le prix libre désinhibe un peu.
La programmation détaillée, lieux, horaires, et billeterie sont à retrouver sur le site lesfrancophonies.fr


