50 techniciens d’Enedis sont mobilisés dans le sud de la Haute-Vienne pour rénover, en seulement 3 jours, 18 km de lignes moyenne tension. Un chantier d’envergure qui vise à entretenir et moderniser un réseau électrique de plus en plus sollicité.
Des moyens humains et techniques très importants sont déployés, entre le 13 et le 15 octobre, à Vicq-sur-Breuilh et Saint-Genest-sur-Roselle pour traiter quelque 18 km de lignes moyennes tension (20 000 volts) qui nécessitaient une rénovation complète. Ce chantier d’ampleur, le quatrième en Haute-Vienne depuis l’an dernier, porte le nom prédestiné de « FIER » et est aussi une fierté pour les « hommes en bleu », pourtant habitués à réaliser régulièrement ce genre d’exploits généralement inaperçus des utilisateurs.

Pour mener à bien cette opération de rénovation programmée, cinquante techniciens d’Enedis venus de Creuse, de Corrèze et de la Haute-Vienne ont uni leurs forces pour passer au crible les 18 km de lignes électriques en seulement trois jours. Ils ont été épaulés par des prestataires des sociétés AEL, Contamine, Socalec et Geoffray Dupuy. Cette course contre la montre visait à améliorer la fiabilité du réseau aérien moyenne tension et la qualité de l’alimentation électrique des habitants et entreprises de ces communes. L’objectif était aussi de réduire la gêne occasionnée par des coupures d’électricité. En concentrant ces moyens sur trois jours, les coupures d’électricité sont divisées par deux durant les travaux.
« Une deuxième électrification de la France »
« En trois jours, les équipes remplacent 47 supports par des poteaux équipés d’armements et d’isolateurs de nouvelle génération et elles renouvellent plusieurs équipements stratégiques signale Patrick Rousseau, directeur régional d’Enedis, si les défauts sont généralisés, toute la ligne est refaite car on préfère prévenir et lorsque la ligne est en forêt, on privilégie l’enfouissement. » Huit groupes électrogènes ont été mis en service à proximité des différents chantiers repérés pour alimenter les foyers impactés. Une fois cette première phase réalisée, l’opération de rénovation complète va s‘étaler sur cinq semaines.

Des poteaux équipés d’armements et d’isolateurs nouvelle génération remplacent les supports vieillissants © DR / Enedis
« Ce chantier préventif évitera qu’on ait le moins de dégâts possibles en cas de tempête ajoute Amélie Dougy, directrice territoriale Haute-Vienne, Enedis investit deux fois plus qu’il y a trois ans. On est au coeur des transitions énergétiques en adaptant le réseau aux nouveaux enjeux et usages. » Rénovées, ces lignes auront gagné une durabilité d’une vingtaine d’années. Un investissement de 525 000 euros et un chantier d’ampleur qui illustre bien tout le travail invisible nécessaire pour améliorer la performance du réseau électrique :
- En 2025, Enedis Haute-Vienne a investi 40,3 M€ pour l’entretien, la maintenance et la modernisation de son réseau.
- 80 km de lignes ont été modernisées sur le département, l’an dernier, soit un coût de près de 2 M€.
- Au total, 250 km de lignes ont été traitées à l’échelle du Limousin en 2025 pour un montant de 5 M€.
Avec le développement des panneaux photovoltaïques, l’essor des voitures électriques et donc des bornes de recharge ainsi que le nombre croissant de particuliers et d’industriels qui passent à l‘électricité, les besoins augmentent sans cesse. Enedis est contraint de développer, d’étendre et de renforcer son réseau. « On vit une deuxième électrification de la France après celle qui a suivi la seconde guerre constate Patrick Rousseau, les gens veulent être de moins en moins dépendants de l‘énergie fossile. Ils s’appuient sur une électricité souveraine, fabriquée en France, compétitive par rapport à d’autres pays européens et faiblement émettrice de gaz à effet de serre. »
Des drones pour inspecter les lignes
Prés d’une exploitation agricole, le drone télépiloté à distance par un technicien a survolé la ligne pour repérer les équipements à changer. En temps réel, ils ont pu suivre les déplacements de l’engin. « Aujourd’hui, on ne peut voler que jusqu’à 15 h car l’armée fera un exercice après » annonce Eric Périgault, le droniste. « Pour piloter cet aéronef, il faut suivre une formation, il en existe trois en fonction du poids de l’appareil. On avertit les autorités de notre intention de vol. C’est très réglementé, il faut que la machine soit homologuée. Pour voler, il faut avoir l’examen DGAC, c’est comme un examen de pilote. L’appareil doit être suivi par l‘Aviation civile. On fait uniquement des photos de nos ouvrages qui sont d’ailleurs publiques mais on ne fait pas de photographie aérienne.» Enedis n’a aucun passe droit pour voler et ne peut donc utiliser un drone sans déclarer un plan de vol.

Le drone est devenu un précieux allié pour répérer les équipements à changer et assister les techniciens au cours des travaux © Corinne Mérigaud
S’équiper de groupes électrogènes « zéro émission »
Pour desservir les foyers privés d’électricité, un groupe électrogène zéro émission de CO² développant une puissance de 160 kW a été mis en service. Il est alimenté par des panneaux photovoltaïques installés sur la toiture d’un bâtiment agricole. Enedis veut s’équiper de ce type de groupe électrogène plus vertueux que les actuels qui tournent au diesel. Cet équipement n’est pas encore généralisé.

« Celui-ci est en service depuis deux ans et on se le prête entre départements » confie Amélie Dougy. D’où l’envie d’en acquérir pour atteindre la neutralité carbone visée par le gestionnaire du réseau d’ici 2050. « On a prévu d’en acheter cinq ou six dans deux ans annonce Pierre Mascret, directeur d’agence technique, la flotte grandira au fur et à mesure que les anciens seront réformés. Un peu comme nos véhicules thermiques aujourd’hui qui seront remplacés par des électriques. On espère avoir des groupes plus puissants que les 160 kW actuels.»
Au cours de ce chantier, des écoliers, collégiens et lycéens ont découvert les missions d’Enedis grâce à des ateliers pédagogiques consacrés à la prévention santé /sécurité, à l’utilisation de drones et aux techniques d’implantation des supports électriques. De quoi susciter des vocations pour pourvoir à la vingtaine d’embauches proposées chaque année par Enedis.


