Ce samedi 19 septembre, une quarantaine de personnes pourront découvrir le poste de commande de la gare des Bénédictins à l’occasion de « JEP ». Une visite très prisée que nous avons pu faire en avant-première…
Derrière les vitres fumées de ce bâtiment érigé en 1994, à quelques pas de la gare des Bénédictins, une trentaine de personnes se relaient jour et nuit pour assurer les quelque 150 circulations quotidiennes. Dans la vaste salle du poste de commande, les contrôleurs, attentifs, surveillent, déchiffrent et aiguillent : « Avant l’informatisation, il fallait se relayer sur place et actionner des leviers. Aujourd’hui, tout s’effectue par dialogues informatiques. Mon rôle consiste à veiller à la bonne collaboration des aiguilleurs et à les accompagner », explique Guillaume Remblier, dirigeant du PRCI, depuis cinq ans.

Un travail de fourmi qui, selon le responsable, requiert autant d’attention que de rigueur : « Certaines procédures sont assez militaires. Ici, la gestion des temps forts, en cas d’incidents, et des temps faibles lors des périodes de creux, est primordiale », poursuit Guillaume Remblier. En cas d’événement grave ou d’accident, un suivi psychologique et une ligne téléphonique privée sont mis à disposition des salariés.
Comment ça marche ?
Afin d’assurer un service continu, les équipes de PRCI se succèdent 24 heures sur 24 puisque le trafic, lui, ne dort jamais. « Les équipes sont réparties par secteurs. Ces tronçons équivalent à une centaine de kilomètres. Les équipes sont chargées de sécuriser les voies en cas de maintenance, d’allumer et d’éteindre les feux ou encore d’actionner les passages à niveau. Le pire ennemi dans notre métier, c’est l’habitude. Il faut absolument éviter la perte de compétences. Au moins deux fois par trimestre, les agents suivent des formations et réalisent des exercices fictifs sur simulateur. Ça demande beaucoup d’attention. », résume Guillaume Remblier.

Sous le regard, presque omniscient, d’un responsable, les aiguilleurs enchaînent les allers-retours, d’un écran à un autre. Face à eux, un immense panneau retrace les voies et indique, via des signaux lumineux, la position des trains, des gares et des zones à gérer. « Tout est minuté avec précision. Les plannings de circulation sont réalisés, au moins, deux ans à l’avance. Ces dernières années, les procédures ont évolué, se rapprochant plus des procédures aériennes », poursuit le dirigeant. En cas de dysfonctionnement informatique, des équipes de permanence peuvent être dépêchées à n’importe quelle heure pour pallier les défaillances. Bien que la vue ne soit pas des plus dégagées, les agents disposent d’une fenêtre qui donne sur les voies permettant, en cas de manœuvre au sein même de la gare, d’effectuer une vérification visuelle.

Une mise en lumière de la profession
À quai, les voyageurs sont loin d’imaginer le travail abattu dans l’ombre. À ce titre, le poste de commande ouvre ses portes pour la deuxième année dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine. L’objectif, contenter les curieux mais aussi mettre en lumière ce travail invisible : « Il y a de la demande. C’est ce qui nous pousse à ouvrir les portes aux visiteurs. C’est aussi une façon de désinvisibiliser la profession. Sachant que la SNCF recrute. », affirme Guillaume Remblier. Pour tenter votre chance, le bac est requis. S’ensuit une formation intensive de six mois dans les centres dédiés de la SNCF puis un mois supplémentaire au sein du PRCI. L’organisme public embauche à tout âge.
Erwan, dernier arrivé au poste de commande de Limoges, raconte : « J’ai fait de l’intérim à la SNCF et j’avais envie, car mes expériences passées m’ont plu, de m’inscrire dans la durée. Postuler, c’est déjà accepter de repartir à l’école, ironise Erwan depuis son bureau. C’est beaucoup de par cœur et la formation est extrêmement pointue. On n’identifie pas immédiatement l’intérêt mais, une fois en poste, on comprend pourquoi », raconte-t-il, à quelques jours de la fin de sa formation.

Lors du week-end consacré aux Journées européennes du patrimoine, une quarantaine de personnes visiteront, par groupe de 10 à 15, le poste de commande de la gare des Bénédictins. Malheureusement, les inscriptions sont d’ores et déjà closes puisque cette visite affiche complet…


