À Saint-Cyr-la-Roche en Corrèze, les secrets du village sont racontés par ses habitants

À l’occasion des « Visites Mousta’chut » proposées par Brive Tourisme, nous sommes allés découvrir le village de Saint-Cyr-la-Roche. Une occasion inédite d’en apprendre un peu plus sur ce village méconnu du sud de la Corrèze.

Quelque part entre les axes qui relient Brive à Objat et Juillac, Saint-Cyr-la-Roche est perché sur son promontoire rocheux. Brive Tourisme propose de redécouvrir ce petit village (et une dizaine d’autres !) avec les « Visites Mousta’chut » : des balades gratuites, sur réservation, où les habitants eux-mêmes dévoilent leur localité. Ce sont ainsi des gens du cru qui ouvrent leurs portes et partagent leurs connaissances, et c’est précisément ce qui donne à ces visites cette touche d’authenticité.

Deux passionnés, un village

Ce jour-là, la visite était menée par Jean-Claude Duffaut, conseiller municipal, et Jean-Marc Ugoline, propriétaire du manoir attenant à l’église et passionné d’histoire locale. À eux deux, ils ont fait cheminer le groupe pendant plus d’une heure entre géologie, architecture militaire, et récits de famille remontant à plusieurs siècles, à travers ce village d’environ 450 habitants situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Brive-la-Gaillarde.

Le bourg de Saint-Cyr-la-Roche vu du ciel. © Martin Graille Drone – stock.adobe.com

 

Le groupe compte aussi pour beaucoup dans ces visites. Ce jour-là, une touriste, historienne d’art de formation, a remarqué plusieurs détails de l’église et de la chapelle. La discussion s’est engagée avec les guides, et ensemble ils ont formulé des hypothèses sur l’origine de certains éléments décoratifs, sur l’ancienneté d’une fresque ou sur la datation d’un chapiteau. Chacun apporte ce qu’il sait, et le village en ressort avec un éclairage nouveau.

Une butte rocheuse vieille de 280 millions d’années

Le nom du village en dit déjà beaucoup : Saint-Cyr-la-Roche est bâti sur une butte de grès qui date de l’ère primaire : il y a environ 280 millions d’années. Sur les façades du bourg, deux teintes de pierre racontent cette histoire géologique : le grès rouge, plus grossier, issu du démantèlement de l’ancien Massif central, et le vert, plus fin et plus dur, utilisé pour les encadrements de portes et de fenêtres. La couleur dépendait simplement du niveau d’oxygénation du lac dans lequel ces sédiments se sont déposés : rouge quand l’eau était oxygénée, vert quand elle ne l’était pas.

 Deux teintes de pierre sont visibles sur les façades du bourg. © Juliette Jouve-Soler

 

L’histoire écrite du village commence au milieu du XIe siècle, avec une première mention dans les archives de l’évêché de Limoges. En 1374, le bourg est repris à des compagnies irrégulières moyennant rançon, comme le veut la pratique des « vides » de l’époque. Peu après, la seigneurie passe aux mains de la famille de Pompadour, séduite paraît-il, par la qualité du vin produit sur ces côteaux.

La châtellenie de Saint-Cyr-la-Roche comptait alors un château central, aujourd’hui disparu dans sa forme d’origine, et deux maisons fortes chargées de protéger les entrées du hameau : l’une près de la chapelle, l’autre à proximité de l’église. Cette dernière est la propriété de la famille de Jean-Marc Ugoline depuis 1656, et toujours porteuse de traces de cette histoire : une meurtrière taillée dans le grès pour plus de solidité, une serrure de porte datée de 1575, des caves à vin capables d’accueillir quarante barriques, et même, découverte plus inattendue, seize pièces d’or retrouvées cachées dans une étagère lors d’une rénovation dans les années 1960.

Une chapelle, une Vierge retrouvée et une nécropole

Non loin de là, la chapelle Notre-Dame doit son emplacement à une légende locale : une statue de la Vierge Marie aurait été retrouvée en labourant un champ, ce qui aurait motivé la construction de l’édifice à cet endroit précis. Le culte marial s’y célèbre chaque année le 8 septembre autour d’une procession. L’église elle-même porte le nom de Saint-Cyr et Sainte-Julitte, sa mère. Classée monument historique, elle doit ce statut à son décor peint et à son vitrail remarquable, actuellement en restauration du côté de Poitiers.

Le guide décrit la chapelle de Saint-Cyr-la-Roche© Juliette Jouve-Soler

 

Autre découverte plus récente et plus intrigante : celle d’une nécropole ancienne, mise au jour par hasard par un habitant. Des fouilles ont ensuite révélé plus d’une centaine de sépultures sous les jardins du village, sans qu’aucun mobilier funéraire n’ait vraiment livré ses secrets.

Au fil de cette visite, les guides d’un jour ont partagé avec enthousiasme l’histoire de leur village, hors des sentiers battus. C’est là toute l’originalité de ces rencontres organisées par Brive Tourisme.

Pratique : Pour connaître les prochaines dates et villages concernés, rendez-vous sur le site de l’office de tourisme de Brive.

Juliette Jouve Soler
Juliette Jouve Soler
Correspondante Actus Limousin