Tour de France : une journée dans la folle ambiance de la première arrivée à Ussel

Ce fut un dimanche de fête ! Les Corréziens s’étaient rassemblés en masse ce 12 juillet partout sur le tracé (raccourci pour raison de canicule) de l’étape 100 % Corrèze. On a attendu les coureurs à l’arrivée à Ussel. Ambiance.

C’est un dimanche qui restera gravé dans les mémoires corréziennes. De Malemort à Naves, de Tulle à Ussel, de Beynat à Saint-Angel, partout au bord des routes, des milliers de sourires ont bravé une chaleur accablante pour acclamer des « forçats de la route » contraints, quant à eux, de pédaler sous un soleil de plomb. L’étape 9 du Tour de France 2026 a fait honneur au département corrézien. Nous étions sur la ligne d’arrivée, à Ussel, pour vivre cette journée exceptionnelle.

Il est à peine neuf heures et déjà, le soleil chauffe le bitume tout juste refait de l’avenue Thiers, près de la place Voltaire. Personne ne le sait encore, mais c’est sur cette ligne matérialisée que Mathieu Van der Poel lèvera les bras quelques heures plus tard, remportant cette étape corrézienne.

Derrière les barrières, les spectateurs sont déjà nombreux. On se badigeonne de crème solaire, on cherche un peu de fraîcheur comme on peut. La journée s’annonce longue, mais elle passera finalement comme un éclair dans la capitale de la Haute-Corrèze. Pour patienter jusqu’au passage de la caravane publicitaire, certains ont tout prévu : parasols, bouteilles d’eau, chaises de camping… Il va falloir tenir plusieurs heures sous un soleil de plomb.

Sur les écrans géants installés autour du podium et tout au long du dernier kilomètre, défile en direct la présentation des équipes, 155 kilomètres plus bas, à Malemort. Une distance revue à la baisse, contre les 185 kilomètres initialement prévus, en raison du placement de la Corrèze en vigilance rouge canicule.

« Bonjour à tous, on est à Ussel ! Merci à tous ceux qui sont là malgré la chaleur ! » Sur l’avenue Thiers, le direct de France Télévisions débute avec Laurent Jalabert, Marion Rousse, Alexandre Pasteur, et toute leur équipe, installés sur le plateau télé. Autour d’eux, le public est déjà en effervescence.

Et l’Avenue Thiers s’est transformée en véritable plateau TV © Jérémy Truant

Quelques minutes plus tard, les jeunes cyclistes de l’école VTT de Haute-Corrèze et du H3C Compétition montent sur le podium pour une photo qu’ils ne sont pas près d’oublier. Le directeur de la ligne d’arrivée les emmène ensuite découvrir les coulisses de cette étape avant une dernière photo sur cette ligne d’arrivée. Arche qu’ils auraient dû franchir à vélo, mais que les fortes chaleurs les obligent finalement à parcourir à pied.

Monter sur le podium du Tour, un souvenir que ces jeunes du club de VTT ne sont pas prêts d’oublier ! © Jérémy Truant

En début d’après-midi, l’ambiance monte encore d’un cran. Les sapeurs-pompiers arrosent une foule de plus en plus dense le long de l’avenue Thiers, offrant quelques secondes de répit bienvenues. Plus bas, les buvettes tenues par les associations et les bars de la ville ne désemplissent pas. Au château de la Diège, en attendant la caravane, petits et grands viennent chercher un peu de fraîcheur à l’ombre des grands séquoias, profitant des animations proposées par la Station Sports Nature Haute-Corrèze et des nombreux stands installés pour l’occasion, dont celui du collectionneur de vélos que nous avions rencontré il y a quelques semaines. Un peu plus bas encore, une banda résonne et fait danser le public.

La caravane, puis les coureurs …

Il est un peu plus de 15 h 30 lorsqu’un vacarme se propage d’un bout à l’autre de l’artère usselloise. La caravane, tant attendue, fait enfin son entrée dans la ville. Avec elle arrivent les centaines de goodies qui volent dans les airs avant d’atterrir sur les trottoirs : échantillons de lessive, porte-clés, célèbres bobs à carreaux… Chacun rivalise d’ingéniosité pour repartir les poches bien remplies.

La caravane du Tour et ses véhicules publicitaires remportent toujours un grand succès auprès du public © Jérémy Truant
Icônes de la caravane, les voitures de Cochonou font lever les bras du public en quête des goodies « vichy » © Jérémy Truant

Puis vient un retour au calme, tout relatif. Les conversations reprennent, certains cherchent une dernière parcelle d’ombre, les regards restent tournés vers la route et le ciel où tournent les hélicoptères. Une bonne heure plus tard, la silhouette de Mathieu Van der Poel apparaît en tête du groupe d’échappés, avec le groupe maillot jaune à ses trousses. Mais c’est bien « MVDP » qui, en costaud, franchira en premier la ligne d’arrivée noire de monde. Une victoire en terre limousine qui résonne comme un nouveau clin d’œil à son grand-père, Raymond Poulidor. Quelques instants plus tard, le groupe des leaders déboule à son tour, porté par les encouragements d’un public qui n’a rien perdu de son enthousiasme malgré la chaleur.

17 h 45, le maillot jaune Tadej Pogačar monte sur le podium sous les applaudissements nourris des spectateurs. Puis, progressivement, la foule se disperse. Après plusieurs heures passées sous un soleil de plomb, chacun reprend son chemin. En l’espace de quelques heures seulement, la cité usselloise retrouve son calme. Les camions quittent le centre-ville, les barrières et la peinture au sol commencent à disparaître et les derniers spectateurs s’éloignent, avec le sentiment d’avoir vécu une journée que la Corrèze n’oubliera pas de sitôt.

Jérémy Truant
Jérémy Truant
Journaliste Actus Limousin