Entre adaptation climatique et valorisation historique, le jardin d’Orsay de Limoges a entamé sa mue

Les grandes manoeuvres ont commencé au jardin d’Orsay, parc de 1,8 hectare situé au coeur de Limoges. Un chantier d’envergure dont les objectifs sont clairs : moderniser le jardin et revaloriser son patrimoine historique.

Petit « désert » du centre-ville exposé aux chaleurs caniculaires, fréquenté avec parcimonie, au mieux, ou emprunté en guise de raccourci, au pire, le jardin d’Orsay faisait bien pâle figure ces dernières années. Mais au mois de septembre, l’opération de sauvetage a commencé.

Le parc, vaste d’1.8 hectare, situé entre la place Winston-Churchill et celle des Carmes a, dans un premier temps, été clôturé, et les grandes manœuvres ont débuté le mois dernier. Ce chantier, effectué en trois phases pour une durée totale de 17 mois, obéit à plusieurs objectifs : valoriser le caractère historique du jardin, construit sur les ruines d’un amphithéâtre gallo-romain, moderniser les équipements afin d’attirer le public et préparer le parc, autant que faire se peut, aux canicules de demain.

Un vaste chantier

Concrètement, le chantier prévoit : la création d’espaces de détente (transats, hamacs, table de ping-pong, terrain de pétanque), la plantation de 60 nouveaux arbres résistants aux fortes chaleurs, la création de 5 126 m² de massifs plantés et de 8 440 m² de pelouses. Une vingtaine d’arbres, terrassés par les canicules de l’été passé, seront abattus et remplacés par de nouvelles essences. « Notre idée, c’est de rendre le parc beaucoup plus plaisant pour les habitants tout en rappelant le patrimoine qu’il abrite. Ensuite, évidemment, végétaliser en plantant, entre autres, des érables, des frênes, de l’acanthe et des euphorbes. L’objectif, c’est de faire en sorte que ce cortège de plantes travaille ensemble », explique Elodie Miravete, paysagiste pour Gastel Paysages.

© Gastel Paysages Bordeaux

Autre chantier d’ampleur au programme : la rénovation du kiosque et la création d’une terrasse pour se désaltérer. Pour l’instant, aucun nom pour tenir le futur commerce du cœur du parc n’a été communiqué.

Un kiosque à musique rénové et une terrasse pour se désaltérer, voilà qui a de quoi laisser rêveur ! © Gorka Martos

Dernier enjeu, et pas des moindres : porter à la lumière les vestiges de l’amphithéâtre. Pour ce faire, les formes courbes de l’édifice antique seront matérialisées par des blocs en granit et, pour en rappeler l’Histoire, de nombreux panneaux explicatifs seront disposés.


Petit historique du jardin

Construit au 2ᵉ siècle au carrefour de la voie romaine Agrippa qui relie Lyon à Saintes et Limoges à Poitiers, l’amphithéâtre, dont seule demeure aujourd’hui visible une partie des fondations, était alors l’un des plus grands de toute la Gaule. Les hauteurs de l’édifice sont détruites au XVIIIᵉ siècle par l’intendant du roi Charles Boucher d’Orsay pour y créer un jardin du même nom.

Au XIXᵉ, à la construction du tribunal de la place d’Aine, un escalier monumental en pierre est bâti, la promenade est réaménagée et le fameux kiosque à musique, autrefois installé au Champ de Juillet, vient parfaire le tableau.

Le jardin d’Orsay, première moitié du XXe siècle © Archives départementales de la Haute-Vienne – cote 46Fi11548

Réaménagé dans les années 60, ce jardin du centre-ville avait beaucoup perdu de son cachet après l’abatage de près de trente arbres, malades ou fragilisés par la tempête de 1999. Cette rénovation bienvenue pourrait redonner un attrait certain à ce parc situé dans l’hypercentre limougeaud.


Pour ce faire, six entreprises se partagent la tâche en ce qui concerne la réhabilitation du parc : Gastel Paysages pour la conception, Kompan pour l’aire de jeu, Eurovia pour la voirie et le réseau, Alpha Paysage pour les espaces verts, Atmos’Fer pour la serrurerie-métallerie et Empreinte pour la signalétique. Trois autres ont été sélectionnées pour rénover le kiosque : l’entreprise Guillet et fils s’occupe de la peinture, Ineo de l’électricité et la société Komar pour la couverture. Les ouvriers débuteront à l’est du parc, côté Churchill et termineront le chantier par la rénovation de la placette, face au monument aux morts. Coût total estimé de l’opération : 3 630 000 millions d’euros TTC dont 138 800 euros pour l’archéologie, 241 200 euros pour l’étude et 3 250 000 euros pour les travaux.

« Faire entrer Limoges dans le XXIᵉ siècle »

Le réaménagement du jardin d’Orsay s’inscrit dans une politique de travaux globaux, promis par l’édile Guillaume Guérin lors de sa campagne et impulsé depuis le début de son mandat. Pour le nouveau maire, il s’agit de poursuivre « la modernisation de la cité », via de nombreux chantiers et particulièrement sur le premier pan de son mandat : « l’idée, c’est de faire rentrer Limoges dans le XXIᵉ siècle, clame-t-il. À l’heure où nos concitoyens nous appellent à lutter contre le réchauffement climatique et à faire en sorte de dégager un rideau de fraîcheur en hypercentre, le jardin d’Orsay est un exemple parfait : un poumon vert en plein cœur de ville qui s’inscrit dans la continuité de la rénovation du centre-ville », explique-t-il.

Le maire de Limoges, Guillaume Guérin, au jardin d’Orsay le 9 octobre à l’occasion d’une visite de chantier. © Gorka Martos

L’édile insiste, par ailleurs, sur le dynamisme économique entraîné par ces commandes publiques : « Ces nombreux chantiers, comme sur le secteur Carnot Marceau, les écoles, le réseau de chaleur et désormais au jardin d’Orsay, offrent de l’activité à nos boîtes. Ça évite un effet récessif qui serait mortel pour le territoire », poursuit le maire de Limoges.

Si les entreprises ont commencé à travailler, il faudra encore s’armer d’un peu de patience pour, enfin, profiter de la nouvelle version du jardin. Le lancement de cette vaste rénovation, qui traînait depuis un moment, est néanmoins un point d’étape crucial enfin franchi.

Gorka Martos
Gorka Martos
Journaliste Actus Limousin