A Limoges, un vent nouveau souffle sur l’Université Populaire du Pont Saint-Etienne

L’Université Populaire (UP) du Pont Saint-Etienne à Limoges, association d’éducation populaire fondée à l’aube du 20e siècle, est sur le point de se réveiller portée par une nouvelle équipe qui souhaite faire revivre l’éducation « par et pour tous ».

Nichée sur les bords de Vienne, l’Université Populaire du Pont Saint-Etienne de Limoges existe depuis plus d’un siècle. C’est dans ce lieu historique que « l’UP » est née en 1901, comme une concrétisation de la volonté de Jules Ferry de voir l’éducation éclairer le peuple. Ici aussi qu’elle s’est faite oublier depuis quelques années…

L’entrée fleurie du bâtiment principal de l’Université Populaire. © Gorka Martos

C’est ici encore, que cette institution, dont Louis Goujaud, élu socialiste, fut l’un des fondateurs, renaîtra officiellement le 4 septembre prochain, porté par une nouvelle équipe bien décidée à revitaliser ce lieu historique et réinstaurer l’éducation « par et pour tous », sans déroger aux intentions des fondateurs.

Un lieu chargé d’histoire

Une fois le nez saisi par une caractéristique odeur de bois, le lieu apparaît clair et témoin des dialogues nourris d’hier. C’est ce culte du dialogue, de la rencontre et de l’échange qui a motivé une bande de Ponticauds et de Limougeauds, férus d’Histoire et convaincus des bienfaits de l’éducation populaire, à reprendre l’institution. Parmi eux, des anciens adhérents et des citoyens déterminés : « On a la volonté de revitaliser ce lieu. La désertion, le manque de perspective à l’octobre 2025 nous ont beaucoup attristés. On avait mal au cœur de perdre ce lieu », confie Denis Amsler, ex-secrétaire et actuel trésorier. « C’est un lieu de célébration, de rencontre. Je me rappelle fêter les anniversaires, la migration du club de pétanque et même les huîtres à Noël », se remémore-t-il.

Yassine Anfouh, Philippe Massacret et Guillaume Fourgeaud ont joint leurs forces à celles de Denis Amsler © Gorka Martos

Propos soutenus et souvenirs partagés avec Philippe Massacret, ancien membre de l’UP : « Je suis issu de cinq générations de Ponticauds, précise-t-il d’emblée. Ici, c’était comme un refuge, un repaire où règnent des liens intergénérationnels et une ambiance de solidarité. On se devait de refaire quelque chose ». Mais par delà les célébrations et les souvenirs, l’Université Populaire était une sorte d’agora des temps modernes, un lieu de convergence des savoirs – point fort avec lequel le nouveau bureau tient à renouer.

« Une logique de transmission et non de rupture »

Guillaume Fourgeaud, membre du nouveau bureau, étaye les intentions qui habitent ce renouveau : « C’est comme si les statuts de 1909 se réveillaient à nous. Je suis convaincu que les solutions ne viendront pas d’en haut. L’idée, c’est de faire société à échelle locale. On constate une individualisation sociale et de l’isolement. Le propos de l’UP, qui est une association apolitique ne bénéficiant d’aucune subvention pour garantir sa liberté de ton, c’est de faire se croiser des personnes qui ne se croiseraient pas, de confronter les idées. La démocratie, c’est avant tout une altérité ».

S’appuyer sur le tissu associatif local

Pour ce faire, l’association compte nouer de nombreux partenariats avec d’autres entités locales. Parmi elles, entre autres, Récréasciences pour de la diffusion scientifique, l’association LIRE, la Cinémathèque pour des ateliers de montage et de partage de clichés historiques. Une prise de contact a par ailleurs été établie avec Expression 7 en vue de proposer du théâtre. « Nous voulons proposer un lieu d’accueil, certainement pas remplacer qui ou quoi que ce soit », insiste Guillaume Fourgeaud.

Afin de pérenniser cette reprise, les membres de l’Université Populaire visent des « opérations blanches ». Entre les conférences, rebaptisées « causeries » telles qu’elles étaient nommées à l’époque, les concerts et les marchés de producteurs, l’Université Populaire s’érige indépendante, appartenant à celles et ceux qui l’investissent, au même titre que la bâtisse, propriété de l’association : « Chacun amène ce qu’il a à amener », résume Yassine Anfouh, également membre du bureau. « Je réfléchissais depuis longtemps à un tiers-lieu et l’Université Populaire, dans les convictions affichées, correspondait à mon aspiration. J’ai le sentiment d’une mise à l’écart de certaines populations. L’objectif ici, c’est l’émancipation par la culture et le partage. On imagine lutter contre l’isolement des personnes âgées. On aimerait aussi proposer des ateliers cuisine, ce genre de choses », étaye-t-il, enjoué.

La vue imprenable sur les bords de Vienne et sur la cathédrale. © Gorka Martos

Inauguration le 4 septembre 2026

L’inauguration de l’Université Populaire est prévue le 4 septembre sur les coups de 18 heures au 19 avenue du Sablard. Un quatuor à cordes enchantera les retrouvailles entre les Limougeauds et l’UP, Éric Boutaud, maître conférencier, racontera l’histoire du lieu, la cinémathèque projettera un film sur cette même histoire et les fins gourmets seront contents avec le marché de producteurs déployé pour l’occasion.

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Gorka Martos
Gorka Martos
Journaliste Actus Limousin

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